( 4 juillet, 2014 )

suite 5

Le régiment aménagea donc fébrilement ses positons sur la cote 406 au nord de petite fontaine ,de manière a battre le débouché des bois situé au sud ouest de Mortzwiller.

Comme les fatigues des combats précédents été déjà oubliées ,nos soldats commencèrent à trouver longue la période d’attente ,et se fut avec joie qu’ils recurent l’ordre de marcher en avant,pour reprendre l’offensive en Alsace.Le 14, ils se mirent en marche ,occupant le matin Mortzwiller et,vers midi sentheim.L’avance était prudente ,car l’ennemi était à proximité se retirant sans accepter le combat ,devant la 82ème brigade ,le 352 ème et les troupes alpines du 14ème corps.Le soir, le 1er bataillon recevant l’ordre d’enlever Guevenheim à la baionnette.Dans la nuit obscure on s’approcha du village ,mais l’ennemi venait de l’évacuer et nos soldats y pénétrèrent sans tirer un seul coup de fusil.On retrouva des blessés francais que les allemands avaient abandonnés dans leur retraite.Là ,ainsi qu’à Sentheim les habitants ménagèrent à nos troupes  un accueil enthousiaste et le «  »schaps »local fit bien quelques victimes!Au dessus du village ,nos hommes purent comparer les formidables tranchées que les allemands venaient d’évacuer ,avec des trous pour tireurs a genoux dont ils se contentaient jusqu’ici .Comparaison salutaire et dont ils devaient tirer profit .

Le lendemain le régiment ,déployé en flèche,ayant comme point la lisière Est de Guewenheim ,organisa ses positions de la veille
.Cette offensive differait en effet de la poussée imprudente des premiers jours d’aout .On réquisitionnait des outils dans les fermes et au fur et à mesure des conquetes,on creusait des tranchées pour prévenir tout retour offensif de l’ennemi.Le 16, le 133ème était à gauche de la division et marchait sur Aspach le bas .Tout indiqué une retraite précipitée des allemands.Dans les tranchées que ces derniers avaient établies face à la route ,sur les crètes dominant la vallée de la Doller, des outils avaient été abandonnés .leur  bivouac avait meme  était quitté si hativement ,qu’on y retrouva des manteaux ,des bottes,des équipements de loisirs laissés  sur place.Le régiment organisa une ligne de défense en avant d ‘Aspach le bas Dans toute la région des traces du combat livré le 10 aout  étaient très nombreuses.Le village lui meme qui avait été le centre de la lutte ,avait eu à en souffrir:le clocher et plusieurs maisons étaient démolis .

suite 5

( 4 juillet, 2014 )

Suite5

Les 1eret 2ème bataillon établis à limbach,n’eurent guère pendant la journée ,qu’à repousser quelques patrouilles de cavaliers .Mais, menacés d’etre coupé dans leur retraite par l’infanterie allemande ,qui s’avancait dans les bois ils durent se replier.Le 11 ,le régiment se trouva réuni;mais déjà on signalait des patrouilles allemandes vers la frontière,et l’on craignait un mouvement offensif sur Belfort

( 1 juillet, 2014 )

suite4

 

En lisière de Cernay ,une batterie Allemande ,dont on apercevait des lueurs de départ tirait sans arret sur Aspach et Mulhouse ;on voyait éclater de fusants et la lueur sinistre des maisons qui brulaient éclairait la plaine ou se mourrait lentement la première bataille .Peu après cependant tout se tut et,dans le silence nocturne ,on entendit plus que les convois francais et allemands.

A 22h30,Alerte!Laissant au vieux thaan le 1er bataillon ,le régiment fut de nouveau dirigeait vers Cernay pour appuyer le mouvement du 15ème chasseurs en vue d’une offensive projetée pour le lendemain .Sur la foi des renseignements donnés ,ils comptait trouver le village occupait par les chasseurs, alors qu’en réalité ces derniers n’avaient pu s’y maintenir .Il avanca donc sur les routes,en colonne par 4,quand,vers l’auberge de la croisière ,il se heurta aux allemands qui débouchaient de Cernay.De part et d’autre ,dans l’obscurité, la surprise fut grande .Engageant la fusillade,nos soldats se déployèrent en toute hate dans les champs .Affolés les boches mirent le feu aux premières maisons pour s’éclairer.On entendit les clairons ennemis sonner l’alerte ,les canons roulés sur les pavés de la ville.Mais notre avance n’avait  pour but que d’appuyer les chasseurs et devenait inutile ,puisque leur mouvement n’avait pas réussi .Ordre fut donc donné de se replier en direction d’Aspach le bas .

Nos pertes avaient été faibles ,mais par suite d’obscurité ,divers éléments qui,pour prendre leurs positions de combat ,avaient du s’écarter du gros du régiment ,ne purent le rejoindre,l’ordre de retraite une fois donné.Au point de jour seulement  ,protégés par le 15ème  chasseurs qui,au nord tenait le groupe 309  on put reconstituer les deux bataillons à Aspach le bas .La 133ème recut alors l’ordre de se porte sur la gauche des chasseurs.Le 1er bataillon avait déjà profité de la nuit pour s’établir au sud du vieux thann à l’angle des routes thann -aspach et thann -cernay .Le 2ème bataillon fut à son tour envoyé à limbach  pour couvrir le débouché de thann .Le 3ème s’établit à Aspach le haut ,tandis qu’au centre Rodereu était occupé par un bataillon du 352ème .Vers 10h ,un violent duel d’artillerie ,s’engagea entre les batteries allemandes et les batteries francaises .L’artillerie allemande tirait sans arret ,malgré les pertes énormes qu’elle subissait ,se trouvant soumise ,dans la plaine,au tir direct de nos pièces ,tout le barrage tenait également en respect ,l’infanterie mais vers 19h nos 75 pris sous le feu des 155 qui rendaient leur position intenable ,furent obligé de prendre position de replis .Les masses allemandes purent alors déboucher ,obligeant à notre droite ,les chasseurs à abandonner Aspach le bas .Découvert par son flanc droit le 3ème bataillon dut à son tour se retirer d’Aspach le haut sur Rodereu .Le 1eret 2ème bataillons établit à limbach
 

 

( 1 juillet, 2014 )

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Il faut songer à cela pour avoir une idée des qualités de sang froid et de la bravoure que venait de déployer les troupes qui voyaient le feu pour la 1ère fois .Les pertes ,sans etre très élevées,étaient sensibles.Le lieutenant B avait été mortellement blessé ;le lieutenant G tué dans un corps à corps;le lieutenant M tué d’une balle ,alors qu’au mépris de tout danger,dressant sa haute silhouette au dessus des ceps ,il fouillait le terrain le terrain à la jumelle ;le lieutenant G,ramassé par les Allemands sur le champs de bataille ,devait mourir de ses blessures après quelques jours de captivité .Des éléments avancés et le service médical du 1er bataillon avaient été fait prisonniers.Toute la nuit ,sous les ordres du docteur E qui bien que blessé n’avait pas voulu abandonner ses fonctions ,les brancardiers circulèrent sur le champs de bataille et ramenèrent les blessés .Quelques civils en transportèrent également un grand nombre et parmi eux un blessé à la cuisse l’adjudant chef R de la 2ème compagnie ,qui de son brancard commandait ,aussi correctement qu’à l’exercice un groupe d’isolés qu’il avait ralliés.Si ,de notre coté,la nuit était venue apporter une treve au combat ,il n’en été pas de meme du coté de Mulhouse ou la bataille continuait toujours .

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( 29 juin, 2014 )

suite 2

Mais au moment ou la 1ère ligne allemande rebordait la crète qui descend à stimbach à Cernay ,et allait atteindre le calvaire ,elle fut prise sous le feu violent de la section de mitrailleuse du 1ér bataillon embusqué à courte distance .

Une compagnie de chez nous qui se repliait fit immédiatement demi tour et rejeta à la baionnette les boches surpris .Les allemands s’étaient infiltrés dans les bois au nord ,en cherchant cherchant visiblement à tourner notre gauche.Par ailleurs,ses mitrailleuses, installées maintenant a Stimbach et sur la crète .Cernay ,les pentes couvertes de vignes ou le gros du régiment avait ébauché des tranchés pour tireurs à genoux .Mais malgré ,les pertes due s à la couleur voyante de leurs pantalons rouges ,cibles trop facile pour les allemands dont elles meme distinguaient mal les « felgraneurs » ,nos soldats tenaient toujours les positions au matin que l’ennemi n’avait pas pu entamer.

suite 2 Cernay-Les-ruines-apres-la-grande-guerre-32313

9aout

 

C’est fait nous sommes en Alsace depuis avant hier et nous avons complétement franchi les Vosges nous sommes tout près de Mulhouse ,qui dit on est pris par des troupes .Tout va bien ,santé excellente .Nous sommes acclamés dans la grande majorité des villages Alsaciens que nous traversons .J’ai remis avant hier à une petite Alsacienne, le ruban tricolore que m’avait donné la petite fille .A la traversée des villages les vieux,ceux qui ont la médaille d’honneur ,se mettent au premier rang ,les femmes pleurent ,les enfants viennent et nous adresse quelques mots en Francais « -bonchour mon gapitaine! ».Dans d’autres villages les habitants terrorisés par quelques Allemands restés ici n’osent montrer leur joie et restent froid .Froideur déguisée ou sincère ,nous ne savons pas encore.Enfin l’essentiel est que nous sommes en Alsace .Il faut le dire nous n’avons pas un grand mérite à cela car nous avons toujours rencontré peu de monde devant nous .Je n’ai pas le temps de t’écrire longuement .Qu’il te suffise de savoir que je suis en pleine santé

 

Vers 16h ,par suite des progrès de l’adversaire sur la gauche,ils durent s’établir sur la crète plus au sud.A 18h30 ,ils y repoussé encore une attaque générale.Anxieusement ,nos hommes regardaient la tronce du chemin de fer reliant Cernay à Mulhouse ,a travers la foret .On espérait confusément voir débouché par là le 23ème ou d’autres élément de la division.Vers 19h30pris en enfilade par des mitrailleuses et devant la menace d’enveloppement de l’ennemi tout,presque derrière soi,on entendait le clairon sonner?lugubre,l’assaut dans le ravin de Steimbach ,le régiment dut suivre le mouvement de retraite de la brigade et se retirer .Il se rapprocha en combattant .Epuisés par le combat ,nos soldats barricadèrent l’entrée du village ,et, après s’etre jetés sur les fontaines afin de se désaltérer ,s’étendirent pour dormir le long des murs et de chaque coté des rues .Ainsi prenait fin ce combat de Cernay ,ou le 133ème ,qui venait de recevoir le baptème du feu ,avait manifesté ,les plus belles qualités combattives .Nos soldats s’étaient en effet battus pendant plus de 10h sur un terrain surchauffé par un soleil de plomb,sans rien à mangé et rien à boire ,que de l’eau trop chaude des bidons ,au milieu des vignes tous les échalas ,courant sur les fils de fer perpendiculaires au front de combat ,rendait la direction très difficile et pratiquement impossible .Chaque section,isolée des autres mais animé par la volonté de vaincre et faisant preuve d’intelligente initiative ,avait du résister seule ,contre attaquant elle meme,dès qu’elle avait été contrainte à céder un peu de terrain .Sans soutien d’artillerie ,attaqué par nos ennemis quatre fois supérieur en nombre ,le régiment avait tenu toute la journée sur ses positions .Il avait reculé qu au moment ou ,débordé à la gauche par les bois qui n’étaient pas tenus , à sa droite par la plaine et la foret ou il y avait que de faibles fractions de chasseurs à pied pour relier 133ème et 23ème il s’était vu dans une position critique .Et avant de céder le terrain ,ils avaient infliger de telles pertes a l’ennemi que celui-ci épuisé ,loin de les poursuivre, courut le soir s’enfermer dans Cernay sans meme penser à se couvrir par les avants postes

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 tout va toujours bien recu baptème du feu à Cernay nous avons combattu de 10h du matin à10h du soir ;le régiment seul contre une division allemande aujourd’hui nous sommes rentré en France à 1 km de la frontière pour nous reposer après 4 jours bien pénibles .

 

( 29 juin, 2014 )

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( 29 juin, 2014 )

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( 28 juin, 2014 )

suite 1

suite 1      localisation%20aspach       FRALPIED008400            FRALPIED010500                                Le lendemain 8 aout alors que le 23è régiment marchait vers Mulhouse ,le 133è se dirigea vers Cernay petite ville batie dans la plaine ,au pied des derniers contreforts des vosges.L’ennemie faisait le vide devant nous et le régiment arriva à Cernay vers 17h .Il entra, musique en tete et les honneurs au drapeaux furent rendus sur la place.Il y avait une foule pour voir le défilé ,mais une foule silencieuse dont la froideur contrasté avec la chaleur de l’accueil fait dans la ville précédente .N’ayant pas vécu ,comme ces habitants, 44 ans sous le régime de la terreur instauré par la prusse ,nos soldats comprenaient mal cette réserve timorée.Quand ils durent battre en retraite ,laissant l’Alsace en lutte aux représailles ils en comprirent mieux les raisons.Les 6 et 7è compagnies allèrent prendre les avant-postes à Uffholtz et une section de la 5è fut détachée au pont d ‘Aspach pour assurer la liaison avec les troupes de droite .Nous nous établimes solidement à l’entrée du village pou parer à toute surprise.Les officiers se couchèrent aux milieux des hommes tout équipés.

Le lendemain 9 aout la matinée se passa sans incidents.Des patrouilles d’éclaireurs à cheval avaient seulement signalé l’apparition des cavaliers ennemis sur les crètes de Wattwiller.C’était dimanche.Vers 11h ,au moment ou la population ,sortant des offices emplissaient les rues ,un77 siffla sur la ville et  y éclata.En meme temps on percevait dans la direction d’Uffoltz ,des crépitements de mitrailleuses .

Nos avant-postes étaient assaillis par des forces très considérable comprenant 4 régiments de troupes actives venues dans la nuit de Strasbourg par la voie ferrée et débarqués à quelques kilomètre de Cernay.La cavalerie ennemie débouchait de Watterwiller ,tandis que l’infanterie s’avancait entre les routes de Soultz et de Colmar.Alerte ,le régiment prit ses positions de combat et se déploya en arc,en avant de Cernay.Tandis que les 6 et 7è compagnies tenaient toujours à Uffholtz des élément du 1er bataillon s’installèrent à leur gauche à Steimbach ,le 3è bataillon resta à Cernay ,occupant la gare au sud de la fabrique Schwarz au nord su village .

Le reste du régiment 2è,3è,4è et 5è compagnies alla s’établir au nord ouest de Cernay en arrière du ravin de Stimbach ,sur des pentes couverte de vignes et se mit à ébaucher les tranchées.Le combat était engagé et il fut très violent .Les allemands se faufilés dans les champs et leur uniformes se confondaient avec la couleur du blé .Ils avancaient par bonds de tirailleurs et bientot on reconnut à l’accent ,leurs cris de commandement.A12h ,l’ennemi avait ouvert le feu sur Uffholtz et allait y porter son principal effort .Les deux compagnies qui tenaient le village résistèrent  héroiquement ,ne cédant le terrain que pas à pas ,tirant sans cesse , utilisant la moindre haie ou le plus petit talus.Elles infligèrent de lourdes pertes à l’ennemi,mais dans les rangs les vides étaient comblé aussitot .Le lieutenant de la 7è compagnie recut l’ordre de se replier ,fit répondre: »La section meurt mais ne recule pas! » parole de paladin,mais parole tenue!D’un seul coup les soldats du 133è étaient entré dans l’héroisme .L’épopée de gloire était commencé e.Effectivement le lieutenant tomba mortellement blessé a l’endroit ou il avait tenu jusqu au bout .Dans la plaine le combat était général ,la bataille faisait rage,de toute part des maisons en flammes,s’élevait d’épais nuages de fumée.Vers 14h l’ennemi parvint à prendre pied dans le village d’Uffholtz ,submergeant par le nombres des défenseurs qui avaient pourtant tenus 3 heures.Le 3è bataillon qui ,jusque là, n’avait pas eu à subir un choc violent;se trouva de ce fait découvert à sa gauche.l’ennemi devint alors plus pressant .Attaqué de front ,de flanc et recevant dans le dos des coups de feu tirés par les boches en civil restés à Cernay ,le bataillon, malgré sa résistance,pied à pied ,du reculer en arrière de la ville .Ce repli avait permis aux allemands de faire avancer leurs pièces à la lisière du village .L’artillerie allemande prit d’écharpe les compagnies avancées du 1er bataillon et les contraignit à évacuer Stimbach pour reculer plus au sud

( 24 juin, 2014 )

correspondance d’un lieutenant de la grande guerre

 

Avant de quitter cette maison que je ne reverrai peut etre jamais ,avant de partir pour aller défendre de toutes les  forces  de ma volonté mon pays menacé ,ma pensée première est pour vous .Je vous donne tout mon amour ,toute ma tendresse de mari et de père

1er aout

 c’est décidé nous partons ce soir ,pour ou?,je n’ en sais rien ou du moins je ne suis pas tout à fait fixé.Probablement pour bussang , en face du col de bussang, frontière allemande .Les hommes ont une attitude admirable ,ils sont fiers de partir pas une manifestation contraire quelques hommes du service auxiliaire  de ma compagnie m’ont demandé  à partir :ils viendront avec nous .Belley est aussi animé qu’une grande ville ,je suis débordé de travail ,ce n’est pas une petite affaire que de mettre une compagnie sur le pied de guerre.

 

C’est décidé nous partons ce soir à 9h ,dis a C que je compte sur lui pour agir en bon francais en s’engageant immédiatement peut etre nous trouverons nous  un jour cote à cote au combat et maintenant , a Dieu ,va,haut les coeurs ,il s’agit de l honneur et de l’indépendance de la France  .Je pars pleins de confiance dans mon pays

Nous voilà installés dans notre cantonnement tout près de la frontière ,pret à intervenir s’il le faut et si les allemands nous attaquent .Nous avons passé la nuit sur le qui- vive et ce matin nous avons été très étonné de voir le levé du soleil sans qu’il n’ y est eu  la moindre  alerte nous sommes à nos aise  au milieu d’une population pleine d’enthousiasme et de patriotisme .Hors pour arriver ici nous avons pris un petit chemin de fer nous avions un train par compagnie .Tout le long du chemin tu ne saurais concevoir l’enthousiasme que nous avons rencontré surtout chez les femmes il y avait d’ailleurs très peu d’hommes puisqu’ils sont partis ,a chaque arret on offrait des bouquets aux hommes ,à moi une petite fille que j’ai embrassé m’a remis un bouquet tricolore entouré d’un ruban tricolore aussi .Les fleurs sont maintenant fanées mais j’ai gardé le ruban je le donnerai a la première alsacienne que nous rencontrerons après avoir franchi la frontière .Car nous la franchirons cette frontière .Jamais la  France n’aura une meilleure occasion de sortir victorieuse de la lutte .Oh ! je sais bien qu’il y aura des larmes,des pleurs ,des souffrances,des deuils mais c’est pour la grandeur ,la gloire et l’indépendance de la France cette guerre est inévitable.

correspondance d'un lieutenant de la grande guerre  

aout 1914

Le 1er aout 1914 a l heure anxieuse ou la mobilisation n’était pas encore décrétée ,mais ou l’on pressentait déjà le tragique dénouement du conflit qui était venu assombrir la fin de juillet le 133ème quitta belley .La population ,dont l ame vibrait avec c elle de ses soldats, l’acclama longuement:un meme frisson passait sur ceux qui restaient et sur ceux qui partaient .Et le dernier wagon qui;point noir;disparu au loin ,au contour de la voie ,put encore percevoir l’écho des adieux qui lui étaient adressés.

Le régiment du 7 ème corps,fut tout de suite dirigé vers la frontière de l’est et gagna la vallée de la haute moselle .Il y arriva le 2 au soir .Une belle journée d’été venait de finir .Devant nos soldats ,dans le ciel qui s’éteignait ,se dressait » la ligne bleue des Vosges »comme pour cacher l’éternel ennemie avec lequel demain peut etre,ou tout a l heure ,il faudrait encore s’entre-tuer.Pour l’instant,on ne s’en approchait pas plus près.Les ordres du gouvernement,qui voulait prouver jusqu’au bout ses intentions pacifiques,étaient de rester a 10 kms de la frontière.

Le 2ème bataillon s’arreta donc au guillot,le 3ème au mesnil,le 1er était un peu en arrière,a Ramonchamp,avec l’artillerie divisionnaire du 4ème RAC et l’état major.

La nouvelle de la déclaration de guerre parvint le 05 aout au régiment et mit fin a l’incertitude de ces angoissantes journées .On ne voulait pas la guerre;mais;puisqu’on l’avait, »ils »allaient voir ce que leur provocation allait leur couter!

Le 15ème chasseur monta occuper les positions frontière du col de bussand et du ballon d’alsace .Une compagnie du 133ème,la 4ème,fut détachée a la jumenterie pour lui servir de soutient .Le 1er bataillon quitta alors Ramonchamps pour venir remplacer les chasseurs a st maurice.Les réservistes arrivaient au dépot .Le 6 le 2ème échelon rejoignit le 1er dans ses contournements .Le133ème se trouvait ainsi constitué sur pied de guerre.

 

5 Aout stMaurice

tu dois savoir depuis longtemps que la guerre est déclaré nous l’avons apris sans émotions puisque nous nous y attendions depuis quelques jours nous ne savons rien de ce qui se passe ailleurs Tu dois le savoir mieux que moi, nous n’avons pas grand monde devant nous et se sera difficile demain ou après demain de pénétrer en Alsace ou les chasseurs qui sont devant nous sont déjà.Tout est calme ici ,aucune femme du pays est partie elles sont toute prete a leurs  fonctions d’infirmière .Sois calme petite aimée ,écris moi chaque jour ou très souvent.D’après ma lettre tu vois que nous ne sommes plus à Ramonchamps nous nous sommes approché de la frontière ,nous sommes qu’à une heure de marche ,santé parfaite,moral excellent,le mien comme celui des autres hommes de régiment.

 le 6 aout

Nous attendons tous avec impatience de passer la frontière .Nous ne savons absolument pas ce qui se passe en France .Il y a deja des prisonniers allemand dont un officier .Nos réservistes sont arrivés ce matin.J’ai un officier de réserve qui parle très bien allemand ,il me sera d’un grand secours .Nous sommes très très bien ici ,bien nourris .

 

L’ordre d’avancer arriva enfin dans la nuit du 6 au 7 .A une heure du matin ,le régiment commenca son mouvement sur l’Alsace formant le gros d’une colonne qui avait comme avant garde le 19ème chasseurs.

A 4heure 10 il franchit la frontière sous le tunnel de bussang que les allemands empéchés par les chasseurs qui occupaient le col n’avaient pas eu le temps de faire sauter  .La traversée du tunnel se fit par sections ,baionnettes ,au pas de courses et au cri de « En avant! »L’entousiasme faisait battre tous les coeurs.Déja tous les bras crépitaient par intervalles,la fusillade les chasseurs aux prises avec les éléments de couverture ennemie.Au sortie du tunnel, se dressait autrefois le poteau frontière mais les chasseurs lui avaient déjà  fait mordre de poussière .Maintenant que l’aigle allemand n’était plus la pour narguer,l’alsace semblait déjà  rendue a la France !

Minutes inoubliables !c’était le sol des provinces perdues qu’on foulait !car elle était alsacienne cette vallée ou la route descendait par d’interminables lacets .Alsacien aussi ,ces ballons tout en formes arrondies montaient ,puissantes mais svelte tout de meme,dans l’azur matinal ,au dessus de la masse sombre de leurs contreforts  plongés dans l’ombre!c était l Alsace et on courait a sa délivrance!

On traversa  ,le premier village alsacien ,les habitants encore sous le coups des menaces faites par les allemands ,qui venaient de partir regardaient muets et le visage tragique,passe nos soldats sans faire un geste ni pousser un cri .Sur les marches de l’église ,priait et pleurait un groupe de femmes,de religieuses et d’enfants.A la sortie du village on fit halte . »Pourquoi n etes vous pas venus plus tot? »vient dire une femme a nos soldats « Vous aurez empeché qu on emmena nos hommes.Ils sont partis hier. »

La marche se poursuivit sans incidents  ;MAIS la partirent des coups de fusils .Des patrouilles ennemies voulaient interdire a l’avant garde le passage du front mais après un court combat qu ne leur  couta que  quelques blessés,Les chasseurs franchirent la rivière ,et le régiment continua sa marche sans etre inquiété jusqu au moment ou la tete de la colonne pénétra dans wesserling.La , cependant l’ennemi ,qui s’était retiré sur une pente nous opposa une vive résistance.Les compagnies quittèrent alors la route .Quelques chasseurs passaient blessés et des balles sifflaient .Les visages devinrent graves .Le lieutenant qui avait apporté des dragées pour le bapteme du feu , en offrit aux hommes de sa section .

Le feu nourri des mitrailleuses allemandes entravait toute progression.Le 2ème bataillon recut alors l’ordre d’appuyer l’avant garde mais les fractions d’infanterie qui tentaient de contourner l’adversaire ,se heurtaient aux incessantes rafales de ses mitrailleuses.

Le commandant décida de soutenir l’ action par une batterie ;celle ci prit prit position sous le parc de wesserling quelques salves bien réussies et la manoeuvre menacante sur la droite de l’infanterie ,rendirent la position intenable  pour les allemands et les contraignirent a l’évacuer .Ils se replièrent en toute hate ou un train les attendait les emmena avant qu’on  n’eut pu les rejoindre.nous avions eu à faire à deux compagnies .

Dépassant les chasseurs ,on marcha alors en tete de la colonne. On arriva à st Amarin.La population y manisfesta peu ses sentiments .Les gens étaient navrés du départ de tous les hommes en age de porter les armes ,mobilisés dans l’armée allemande,et l’on sentait une réserve craintive.Il devait en etre de meme à Moosch ,àWiller,à Bitschwiller,villages qui se succèdent le long de la verdoyante vallée ,partout les habitants craignaient un retour offensif des allemands .Vers 16 h on arriva enfin ,toutes les pittoresques maisons se groupent à l’entrée de la vallée ,au pied de son vieux chateau en ruines,depuis le matin le régiment avait fourni une étape de près de 40kms par une chaleur accablante.Les hommes n’en pouvaient plus .Mais ils se redressèrent et ce fut encore une belle allure que l’on défila dans la petite ville que l’ennemi  venait d’évacuer.La population laissa déborder ses sentiments et une foule immense vint feter nos soldats .On leur donna des fruits,des gateaux et on leur versa à boire L’enthousiasme était indescriptible .Des jeunes fille les embrassaient .les enfants les entouraient d’une admiration curieuse .Les anciens combattant de 1870,qui qui avaient arborés leurs médailles ,pleuraient de joie.Aux fenetres flottaient déjà les couleurs francaises.La municipalité elle meme fit à nos officiers une touchante réception .

 Husseren-Wesserling

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